lundi, octobre 06, 2008

LA DÉCOUVERTE DE LA FLÛTE DE LUDWIG DÜLON (CIRCA 1789)

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LE FLÛTISTE DE MOZART

LA DÉCOUVERTE D’UN INSTRUMENT HISTORIQUE :

LA FLÛTE DE LUDWIG DÜLON
(circa 1789)




Au cours de ses recherches sur les instruments de la période classique, le flûtiste
Marc Zuili a récemment découvert la célèbre flûte de Ludwig Dülon. Cette découverte constitue un événement sans précédent car il est avéré que cet instrument fut en rapport direct avec Mozart.

Cette flûte, fabriquée par Johann Friedrich Boie (circa 1789), est en parfait état de conservation et possède, qui plus est,
une sonorité exceptionelle.


Dülon et Mozart : histoire d’une rencontre

Dans un document daté du 10 septembre 1793, il est précisé que Dülon, le flûtiste aveugle, fut notamment acclamé pour son interprétation d’un concerto pour flûte de Mozart qu’il donna au Burgtheater de Vienne le 26 mars 1791 .

Or, Mozart et Dülon s’étaient auparavant rencontrés, en octobre 1790, à Francfort, lors des célébrations du couronnement de l’empereur Léopold II. À cette occasion, Mozart, qui avait organisé un concert (le 15 octobre 1790), avait aussi pu entendre Dülon et apprécier son jeu admirable dont le Journal von und Deutschland vantait les qualités. Ce jeune flûtiste aveugle « avait su gagner le cœur de son auditoire avec son apparence et enchanter le public avec son jeu ».

Cette rencontre fut sans doute déterminante. D’ailleurs, au printemps suivant, Mozart était présent aux concerts que Dülon donna à Vienne (26 mars et 15 avril 1791). C’est certainement lors du deuxième concert du flûtiste, au Theater auf der Wieder, le théâtre d’Emmanuel Schikaneder, que Mozart, en pleine préparation de La flûte enchantée, créa le personnage de Tamino .

Les performances de Dülon à Francfort ainsi que ses concerts à Vienne, en particulier le deuxième, ont en effet directement inspiré Mozart et Schikaneder. Le flûtiste avait alors 21 ans, et sa douceur et sa jeunesse avaient été encencées. Or, dans La flûte enchantée, le personnage de Tamino, âgé de 20 ans, est désigné par les trois dames comme un « charmant jeune homme, doux et beau ». En outre, dans l’acte II, Tamino, plongé dans l’obscurité, sort vainqueur des épreuves du feu et de l’eau grâce à sa flûte magique, tout comme Dülon parvenait à dépasser et à faire oublier son handicap.

LUDWIG DÜLON, LE FLÛTISTE DE MOZART


Les deux quatuors de la période viennoise de Mozart, le quatuor en Ut majeur et surtout celui en La majeur furent sans doute composés pour une flûte à quatre clefs.

Friedrich Ludwig Dülon, possédait, dès les années 1780, des flûtes à quatre clefs avec la longue clef de Fa, dont il fut l’inventeur.

Longue clef de Fa, qui s'actionne avec l'auriculaire de la main gauche


Dülon aurait donc pu interpréter le quatuor en La majeur (1787-1788) . Dans ce cas, les deux hommes se seraient connus bien avant le couronnement de Léopold II. Quoi qu’il en soit, Dülon fut sans doute l’un des interprètes du quintette pour flûte, hautbois, alto, violoncelle et harmonica de verre. Composé en mai 1791, ce quintette fut en effet créé au Théâtre de la porte de Carinthie, le vendredi 19 août 1791, date à laquelle Dülon se trouvait encore à Vienne. Maria Anna
Kirchgässner, une autre interprète aveugle née la même année que Dülon (1769), y jouait la partie pour harmonica de verre. Mozart était présent à ce concert, et il tenait vraisemblablement la partie d'alto.


La Flûte de Friedrich Ludwig Dülon retrouvé par Marc Zuili en décembre 2005
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LA DÉCOUVERTE DE LA FLÛTE DE LUDWIG DÜLON (II)

MARC ZUILI et LISA BEZNOSIUK

masterclass de Lisa Beznosiuk sur le concerto en ré K.V 314
avec la flûte de Dülon
Farnières août 2008


La flûte retrouvée de Dülon

C'est en 2005, dans un marché près de Köln, que cette flûte fut retrouvée. Le 5
décembre 2005 — jour anniversaire de la mort de Mozart —, Marc Zuili en fit l’acquisition et la restaura. Au prix de recherches minutieuses, il découvrit qu’il s’agissait d’un instrument unique au monde, ayant appartenu au flûtiste aveugle qui avait inspiré à Mozart le personnage de Tamino de La flûte enchantée. En effet, trois éléments permettent d’authentifier l’instrument :

1. Il s’agit de l’unique flûte équipée de la clef de Fa inventée par Dülon lui-même, tel qu’il l’affirme dans son autobiographie (Dülons des blinden Flötenspielers Leben und Meynungen) éditée à Zurich en 1808.


2. Sur le pied de l’instrument, au-dessus du nom du facteur (F. BOIE GÖTTINGEN), on peut lire le nom de Dülon :



3. Cette flûte à quatre clefs en ébène avec des virolles en ivoire, est semblable à la flûte de Carl Augustin Grenser conservée au musée Dayton Miller (DCM 949) et datée de 1789.



La flûte de Dülon se compose de 6 parties :
- la tête,
- trois corps main gauche interchangeables, numérotés de 1 à 3, avec une clé de Si bémol sur chacun d’entre eux,

- un corps main droite avec deux clefs (Sol # et Fa de Dülon)
- un pied avec la clé de Ré #
Les trois corps sont au diapason de 420, 430, 438 hertz dans la tonalité de Ré majeur.

Le corps n°2 est exceptionnel ; il produit un son spirituel, clair et puissant. Au diapason 430 hertz, c’est l’instrument parfait pour jouer les concertos et les quatuors de Mozart. Le tenon de ce corps est légèrement déformé, ce qui laisse penser qu’il a été beaucoup joué.

Corps n°2


Le trou de l’embouchure est très légèrement ovale. À l’évidence, il n’a jamais été retouché.
Toutes les clefs, en argent massif, sont d’origine, à l’exception de la clef de Sol # qui a été remplacée lors de la restauration.
Le capuchon, très original, est en ivoire, de même que les virolles.


vendredi, mars 07, 2008

JEAN-PIERRE RAMPAL



MARC ZUILI ET JEAN-PIERRE RAMPAL
ÉTUDE DU CONCERTO DE MENDELSOHN



J'AI DE NOMBREUX SOUVENIRS DE MOMENTS PARTAGÉS AVEC JEAN-PIERRE RAMPAL.




J'AI DÉCOUVERT LA FLÛTE À L'ÂGE DE 8 ANS (DANS LES ANNÉES 70) EN ÉCOUTANT SES ENREGISTREMENTS DES
SONATES DE BACH AVEC ROBERT VEYRON-LACROIX.
JE L'AI ENTENDU EN CONCERT POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 1978 DANS
LE CONCERTO POUR FLÛTE ET HARPE DE MOZART. IL JOUAIT AVEC LILY LASKINE.


NOUS SOMMES DEVENUS AMIS EN 1989, ET J'AI EU LA CHANCE DE JOUER À SES CÔTÉS À PLUSIEURS REPRISES.





en concert en 1996


J'ADMIRE TOUJOURS
SON JEU QUI RESTE POUR MOI MAGIQUE, MALGRÉ LE TEMPS QUI PASSE . MON SOUVENIR RESTE INTACT.
RAMPAL EST UN INVENTEUR. IL EST LE PREMIER À AVOIR TRANSCENDÉ L' INSTRUMENT PAR SON JEU.


LES CONCERTOS DE MOZART ENREGISTRÉS SOUS LA DIRECTION D' ISAAC STERN ET LE CONCERTO DE ROMBERG SONT EXCEPTIONNELS.

EN CE MOMENT,
J'ÉCOUTE AL DESIO DI CHI T'ADORA DE MOZART, QU'IL A ENREGISTRÉ EN 1990 avec le trio Pasquier et Tasso Adamopoulos
(Quintette en ré majeur) KL.577


Trio de Friedrich Kulhau avec Shigenori Kudo





dimanche, janvier 13, 2008

LUDWIG DÜLON, LE TAMINO DE MOZART


Si l'on en croit un rapport de concerts daté du 10 septembre 1793, le 26 mars 1791, Friedrich Ludwig Dülon reçut un accueil triomphal en exécutant un concerto pour flûte de Mozart.

Lors de ce concert au Burtheater, en plus du concerto pour flûte de Mozart, Dülon interpréta un concerto de Quantz. Aloysia Lange (belle-sœur de Mozart) chanta des arias de Sacchini et Paisiello. Des symphonies de Schenk, Haydn et Dittersdorf complétaient le programme.

Trois semaines plus tard, le 15 avril 1791, Dülon se produisit dans un autre concert à Vienne, au Theater auf der Wieden, le théatre de la troupe d'Emanuel Schikaneder.
Au cours de ce concert, la chanteuse Josepha Hofer ( la première reine de la nuit) interpréta un air de Pugnani, et Franz Gerl (le premier Sarastro) chanta un air de Schenk.

Au cour de sa prestation au Theater auf der Wieden , Dülon, qui était aveugle, inspira à Mozart et Schikaneder le personnage de Tamino dans La flûte enchanté, comme le prouve, Mary Sue Morrow , Stanley Sadie et John Rice.

samedi, octobre 20, 2007

MARC ZUILI INAUGURE UNE FLUTE MOZARTIENNE




Marc Zuili a donné pour la première fois en concert, l'intégrale des quatuors pour flûte de Mozart avec une flûte fabriquée par Johann-Friedrich Boie. La célèbre flûte de Ludwig Dülon.


C'est dans un marché près de Köln en 2005, que cette flûte a été retrouvée .

Jusqu'à la découverte de cet instrument, seulement trois flûtes de la période 1785-1790 étaient connues (voir l'excellent ouvrage d'Ardal Powell "The Keyed Flute. édition Oxford): une flûte en buis à une clef conservée au musée Horrniman de Londres (308) et qui porte l'inscription Quantz, et deux autres à Berlin, dont l'une, incomplète et très endommagée
(D Berlin 104).

Cette Flûte à quatre clef en ébène avec des virolles en ivoire, est semblable à la flûte de Carl Augustin Grenser du musée Dayton Miller (DCM 949) qui est datée de 1789.
Le corps n°2 est au diapason 430.

C'est l'unique instrument au monde, à quatre clefs, équipé de la clef de fa inventée par Ludwig Dülon.

Vous pouvez entendre des extraits de ce concert, enregistré à Beauvais le 16 septembre 2007 à l'occasion des journées du patrimoines.



.QUATUOR EN UT MAJEUR KV 285b de Wolfgang Amadeus MOZART

Marc Zuili, flûte fabriquée par johann Friedrich BOIE, Göttingen 1789


Tami Troman, violon

Gilles Deliège, Alto

Nicolas Crnjanski, violoncelle



Allegro du quatuor en ut majeur



Tema con variazioni du quatuor en ut majeur

mercredi, juillet 04, 2007

Petite histoire des flûtes à clefs

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Têtes Grenser &Wiesner , Boie et Zencker

L’une des plus anciennes flûtes à clefs est conservée au Museum of Fine Arts de Boston; elle a été fabriquée en Angleterre par Caleb Gedney (actif de 1754 à 1769).
C’est une flûte en buis à six clefs (sib – sol# - fa court – ré# - do# et do grave).

Une autre flûte à six clefs (ca 1755) de John Just Schuchart est conservée à Cambridge.

En 1785,
à Londres, Richard Potter fait breveter plusieurs innovations.
La tête de la flûte est doublée par un tube en laiton, qui s'emboîte avec un barillet d'accord.

têtes doublées métal de Ziegler et Clementi


barillet d'accord

L’autre invention majeure de Potter est la fabrication de valves en métal (pewter-plug) à l’extrémité des clefs qui remplacent les tampons en peau. Cette invention sera conservée jusqu’ aux environs des années 1870, notamment par les facteurs viennois Stephan Koch et Johann-Joseph Ziegler.

valves en métal (pewter plug)

D’autres fabricants londoniens comme
Cahusac, Milhouse,Clementi,Goulding etc... vont adopter à la fin du 18ème siècle les innovations de Richard Potter, et copier intégralement ses modèles.

En France,
François Devienne, premier professeur de flûte au conservatoire de Paris désapprouve les clefs de do# et do grave, qu’il juge nuisible à la sonorité naturelle de la flûte. En revanche, Devienne tolère les autres clefs, mais à condition qu’elles ne soient utilisées que pour les mouvements lents.


Extrait de la préface de la méthode de François Devienne:
"quant aux flutes dites à l'Anglaise où l'on ajoute à la patte deux clefs dont l'une pour l'ut dièze et l'autre pour l'ut naturel en bas, je la désapprouve hautement.
Ces deux tons sont hors de la nature de cette instrument; n'ont et ne peuvent avoir de consistance et nuisent absolument au reste. Je pourrais même dire que peu de personne ne s'en servent qu'a cause de leur originalité: ma preuve est que les Maîtres connue n'en font point d'usage".

Il ne s'en suit cependant pas de là que je veuille blâmer les petites clefs que des recherches justes ont fait ajouter à la flûte ordinaire pour remédier aux sons bouchés qui se trouvent dans le bas, tels que le sol dièze ou la bémol et le si bémol ou la dièze, elles sont d'une grande nécessité dans les morceaux lent et surtout quand les notes ci dessus désignées sont soutenues, quoique je ne m'en serve point, je les approuve, mais dans ce cas seulement car pour les traits elles deviennent inutiles et ne servent qu'a ajouter à la difficulté..."

préface de la méthode de François Devienne.

Il faudra attendre le milieu du 19ème siècle pour que la patte d’ut s’impose en France avec
Godfroy, Tulou et Nonon.



En Allemagne jusqu'en 1780, on utilise des flûtes à une clef ou à deux clefs.
En 1782, Justus Johann Heinrich Ribock propose une clef de do médium actionnée par l’index droit, et en 1786, Johann- George Tromlitz fait breveter la longue clefs de Fa.


deux corps main droite de deux flûtes de Johann Friedrich Boie (circa 1789 circa 1810)


A partir de 1805
, Heinrich Grenser , Friedrich Boie, Friedrich Gabriel August Kirst ainsi que d’autres facteurs allemands fabriquent des flûtes à huit clefs, un modèle de flûte qui devient un standard.

A Vienne, en 1810
Stephan Koch propose des flûtes à onze clefs avec le si grave.